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Apollon

        

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Apollon (en grec ancien Ἀπόλλων Apà³llà´n, en latin Apollo) est le dieu archer grec de la clarté solaire, de la beauté, de la raison, des arts et plus précisément de la musique et de la poésie. Il est également dieu des purifications et de la guérison, mais peut apporter la peste avec son arc ; enfin, c'est un des principaux dieux capables de divination, consulté, entre autres, à  Delphes, o๠il rendait ses oracles par la Pythie. Il a aussi été honoré par les Romains, qui l'ont adopté très rapidement sans changer son nom. C'est peut-être le dieu qui a le plus été adoré dans toute la mythologie gréco-romaine et l'un des plus complexes à  cerner, d'autant plus qu'il a, au fil du temps, « absorbé Â» d'autres dieux mineurs.

Sommaire
1 Généalogie
2 Origines
3 Hauts-faits
4 Apollon-Phébus
5 Épiclèses et attributs
6 Voir aussi

Généalogie

Apollon est le fils de Zeus et d'une Titanide (fille de Titans), Léto (grec : Λητώ /lêtố/, latin : Latona, d'o๠la graphie française Latone). Sa sœur jumelle est Artémis.

L'un des Hymnes homériques raconte en détails son histoire : Héra, jalouse d'une nouvelle infidélité de son divin époux, avait interdit à  la Terre de recevoir Léto, enceinte d'Apollon et de sa sœur. Celle-ci errait donc en vain à  la recherche d'un lieu qui l'accueillerait. Seule l'île d'Ortygie, qui n'était pas fixe, put l'accepter, car son statut de terre flottant sur les eaux n'en faisait ni une île au sens propre ni une zone terrestre. Léto lui promit d'en faire une île fixe et purifiée ; celle-ci ne put cependant mettre au monde ses jumeaux et souffrit pendant neuf jours et neuf nuits des douleurs de l'enfantement ; en vain : Héra retenait subtilement Ilithyie, qui préside aux accouchements. D'autres déesses, cependant, envoyèrent Iris, la messagère des dieux, afin qu'elle libérà¢t Ilithyie de l'attention d'Héra, ce qu'elle fit. Léto put enfin accoucher, d'abord d'Artémis, qui l'aida à  mettre au monde Apollon. Thémis offrit au nouveau-né le nectar et l'ambroisie et lui transmit de fait le goà»t de l'équité ; Ortygie, enfin fixe, devint une terre sacrée, sur laquelle nul ne pouvait naître ou mourir et prit le nom de Délos, c'est-à -dire « la visible Â» (voir aussi à  religion grecque, section « le pur et l'impur Â»).

Origines

Apollon et sa sœur ne sont pas proprement grecs. On considère qu'ils sont d'origine asiatique, ce qui, pour les Grecs, signifiait « d'Asie Mineure Â». Le nom même de Létà´ pourrait venir du lycien, un dialecte indo-européen parlé autrefois en Turquie, et signifierait, sous la forme Lada, « femme Â». L'une des épiclèses d'Apollon, Apollon Lycien, conforte cette hypothèse. De même, l'arme d'Apollon et de sa jumelle, l'arc, n'est pas grec mais barbare (au sens grec : tous les peuples qui ne parlent pas le grec) ; il porte de plus, comme sa sœur, non pas des sandales, à  l'instar des autres dieux, mais des bottines, type de chaussure considérée comme asiatique par les Anciens. En outre, il est, dans l'Iliade d'Homère, du cà´té des Troyens, peuple asiatique, et le rejet que subit Létà´, que nulle terre grecque n'accepte, conforterait l'idée d'un dieu étranger. C'est paradoxalement peut-être le dieu le plus grec de tous, et son adoption rapide par les peuples hellènes a vite dissimulé ses origines lointaines.

Il est aussi possible que ses origines remontent au peuple dorien du Péloponnèse, lequel honorait un dieu nommé Ἀπέλλων, Apéllà´n, protecteur des troupeaux et des communautés humaines ; il semblerait que le terme vienne d'un mot dorien, ἀπέλλα, apélla, signifiant « bergerie Â» ou « assemblée Â». L'Apellon dorien serait une figure syncrétique de plusieurs divinités locales pré-grecques, de même que l'Apollon grec est la fusion de plusieurs modèles, dont Apellon ; il est d'ailleurs remarquable que son épithète de Lycien puisse être comprise comme « qui vient de Lycie Â» ou « qui protège des loups Â», c'est-à -dire que les deux origines, l'une asiatique et l'autre dorienne, se confirment en un seul terme.

Lorsque son culte s'introduit en Grèce, il est déjà  honoré par d'autres peuples pré-hellènes, ce que l'Hymne homérique qui lui est destiné indique en signalant que les Crétois étaient ses premiers prêtres. Son premier lieu de culte est bien sà»r Délos, capitale religieuse des Ioniens ; c'est sous Périclès, au Ve siècle avant notre ère, que l'île passe aux mains des Athéniens, qui confortent son caractère de sanctuaire inviolable en y faisant interdire toute naissance et toute mort. Le culte d'Apollon s'était entretemps répandu partout dans le monde Antique, de l'Asie Mineure (le sanctuaire de Didymes, près de Milet, en porte la trace flagrante : c'est l'un des plus grands temples jamais bà¢tis dans la zone méditerranéenne) à  la Syrie, sans parler des innombrables temples qui lui sont dédiés en Grèce même.

C'est surtout à  Delphes que le caractère complexe du dieu se révèle, dans son rà´le d'inspirateur de la Pythie et des hommes, qu'il révèle à  soi.

Hauts-faits

La fondation de Delphes est sans doute le plus important de ses hauts-faits. Après sa naissance, Apollon quitta Délos pour la contrée des Hyperboréens, peuple mythique du Septentrion, près de qui il séjourna un an (il y revint périodiquement à  la suite). De retour, il décida de faire de Delphes son prochain sanctuaire. Le lieu, en effet, était censé être le centre de l'Univers (voir l'article consacré à  Delphes), mais il était aux mains d'anciennes puissances chtoniennes : Gaà¯a y était honorée, et un serpent fabuleux, la drà¡kayna Δράκαινα y résidait. Tuant le serpent et supplantant Gaà¯a, il fit de Delphes son territoire après. La dépouille du serpent devint puthố(n) Πυθώ(ν), peut-être « la pourrissante Â» (d'o๠notre python) et Apollon prit le titre de Pythien, comme le fit la prophète Pythie (à  cet égard, il importe de remarquer que l'oracle est, encore une fois, lié aux forces telluriques ; il est aussi notable qu'en d'autres sanctuaires qui lui sont dédiés, comme à  Claros en Ionie (Turquie), Apollon a remplacé des divinités chtoniennes qui y étaient adorées). à€ l'issue de ce meurtre, Apollon dut se purifier avec l'eau du Tempé, afin de se laver de la souillure (voir à  religion grecque, section « le pur et l'impur Â») et confirma son rà´le de dieu des purifications. Ayant besoin de sectataires, il se métamorphosa en dauphin et détourna un navire crétois qui passait près de là  pour en attirer les passagers, les prêtres signalés plus haut, dans son sanctuaire. C'est ainsi que la ville prit réellement son nom de Delphes (Δελφοί Delphoà­), dérivé de δελφίς delphà­s, « dauphin Â» (lequel terme français nous vient du grec par le latin).

Apollon-Phébus

Apollon est aussi parfois appelé Phébus (ou Phœbus, Φοῖϐος en grec). Les poèmes homériques le nomment souvent « Phébus Apollon Â». De fait, certains livres et manuels en concluent bien vite qu'Apollon et Phébus sont les mêmes personnes. Ce n'est qu'à  moitié vrai. En réalité, Apollon enfant, très joueur, avait subtilisé les foudres de Zeus et foudroya avec le char du Soleil. En punition, il reçut la tà¢che de conduire le char et devenait donc Phébus, le Dieu Soleil. Apollon et Phébus sont donc la même personne, mais ils ne possèdent, en tant que dieux, ni les mêmes attributs, ni le même domaine.

Épiclèses et attributs

Voir aussi