Chiisme
Ce mot appartient au vocabulaire de l'islà¢m. Le lecteur pourra s'y référer pour d'autres termes similaires.
Le chiisme (ou chi'isme, shi'isme ; en arabe Ø´Ùيعَة šīʿaʰ) est l'une des écoles théologiques de l'Islam.
Étymologiquement, le terme chiisme vient de shî'at 'alî, le parti d'Ali. Le chiisme tient à une conception différente de la règle de succession du prophète. Les chiites sont partisans d'Ali, gendre du Prophète et époux de Fatima, la fille de Mohammed, dont la piété est mise en avant avec le titre de mère de son père. Chez les chiites, Fatima, dans les bras de laquelle le prophète serait mort, fait l'objet d'un culte présentant les mêmes caractéristiques que celui de la Vierge Marie chez les catholiques. C'est par elle qu'Ali acquiert sa légitimité. La légitimité est donc héréditaire et de droit divin
Au contraire, les sunnites sont partisans de la succession par Abou Bakr, membre de la tribu du prophète (les Qurayshites). Selon eux, le prophète est mort dans les bras de sa femme Aà¯cha.
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2 Fêtes spécifiques 3 Dénominations
3.3 Chiisme duodécimain, ou imamisme
4 Diffusion du chiisme3.4 Chiisme septimain ou ismaélien 3.5 Les Zaydites 3.6 Les Alaouites 5 Voir aussi |
Foi
La foi chiite est essentiellement fondée sur le Coran et les hadiths, comme chez les sunnites quoiqu'ils contestent l'actuelle version du Coran dont ils accusent les sunnites d'avoir soustrait les passages favorables à Ali. Ils contestent donc l'institution du Califat.
Pour la validation de hadiths comme pour celle de l'interprétation leur chaîne de garants (isnà¢d) est plus courte : elle remonte à Ali ou à l'un des imams reconnus, lesquels sont considérés comme impeccables, autant dire infaillibles. L'imam poursuit l'Å“uvre du prophète, il connaît le sens caché des choses et l'interprétation ésotérique du Coran confiée par Mahomet à Ali.
D'après la croyance chiite, le dernier des imams n'est pas mort, mais a été « occulté » (ghayba). Vivant dans un monde invisible, il est appelé l'imam caché. Le Mahdi (terme signifiant celui qui est (bien) guidé) est supposé revenir à la fin des temps. C'est une forme de messianisme qui correspond à une révélation faite à Fatima : elle sera à l'origine d'une lignée de sauveurs dont le dernier s'appellera Mohammed, comme le Prophète, et « comblera la Terre de justice et d'équité. » L'idée d'occultation est apparue pour la première fois vers l'an /800 avec les kaysanites, groupe de chiites vivant à Kufa, pour qui le quatrième imam (Muhammad ibn al-Hanafiyya selon eux) a été soustrait au monde et vit caché. Elle sera reprise ensuite par les septimains, puis par les duodécimains.
Selon Sohravardi, le mahdi est présent incognito, mais il ne peut révéler sa présence, car il perdrait immédiatement sa puissance spirituelle.
Le chiisme est divisé en diverses obédiences, dont les différences principales se situent au niveau du nombre d'imams successeurs d'Ali reconnus (une soixantaine au maximum). Les plus importantes sont :
Les duodécimains sont les plus nombreux, et forment l'obédience officielle de l'Iran. Ils sont dirigés par un collège d'ayatollah (arabe et persan à¢yatu Llà¢h ou « signe de Dieu ») cooptés (une façon de limiter l'infaillibilité à défaut de ijma, i.e. consensus)
Ali et les 11 imams lui ayant succédé sont appelés « les douzes imams ». Ce sont :
Les Ismaéliens reconnaissent une succession de sept imams seulement. Pour les uns, seul le septième, l'imam caché, diffère. D'autres refusent de reconnaître Hasan comme deuxième imam, ce qui donne la succession suivante :
Ni liturgie, ni lieux de culte dans le mouvement druze. La doctrine des Druzes est secrète et révélée aux fidèles au cours de divers degrés d'initiation. Les Druzes croient en la métempsycose. Ils ont des tendances antinomistes, consistant à rejeter la charia et les obligations rituelles qui en découlent. Deux ismaéliens sont à l'origine de ce mouvement : un persan nommé Hamza, qui affirmait être l'intelligence universelle, et un turc nommé Darazî, dont le nom est à l'origine du terme Druzes. Selon eux, le calife fatimide al-Hakîm bi Amr Allà¢h (996-1021) est la dernière et principale incarnation de Dieu (maqà¢m), titre qu'il s'est lui-même attribué en 1017, il est une manifestation de l'intellect universel.
Leur dissidence remonte à l'imam Nizar, reconnu par eux comme successeur du calife al-Muntasir. Ils sont à l'origine de la communauté des fidèles de l'Aga Khan, née au XIXe siècle, et que l'on identifie aujourd'hui aux Ismaéliens.
Leur enseignement comporte un cà´té ésotérique marqué, réservé aux seuls initiés. Leurs croyances sont gnostiques. Les relations de Dieu avec l'univers s'effectuent au moyen de sept émanations successives. La première est l'intellect universel (aql al-kull), la dernière est l'intellect actif (al-'aql al-fa'à¢l) dont la mission est de produire les formes des corps. Christian Jambet a montré la filiation avec Plotin. L'à¢me humaine appartient au monde supérieur et pour y retourner doit acquérir le savoir communiqué par l'Imam et se soumettre à sa direction. Mohammed est l'Homme Parfait, prototype de l'humanité.
Cette autre branche du chiisme s'est créée au VIIIe siècle, n'acceptant pas Muhammad al-Baqir comme cinquième imam et lui préférant son demi-frère Zayd. Les Zaydites ne croient pas à l'infaillibilité des imams, rejettent la croyance en l'occultation et l'attente du Mahdi. Selon eux, l'imam doit être choisi parmi les descendants de Fatima, mais en consultation dans la communauté. En fait, s'ils sont historiquement chiites, leur doctrine se rapproche plus du sunnisme que du chiisme.
Leur fondateur est Mohhamed Ibn Nusayr(mort en 884) qui, en 859, se déclara bà¢b ("émanation, manifestation") du dixième Imà¢m, 'Alî al-Hà¢dî al-Naqî. Il le considérait comme une incarnation de l'Esprit Saint. Ils ont une doctrine trinitaire :
Pour les Alaouites, Ali est l'incarnation de Dieu. Il est éternel en sa nature divine et s'est manifesté comme imam du temps.
Les Alaouites professent la croyance du passage de l'Esprit saint dans la succession des Imams chiites. Ils sont antinomistes : ils rejetent la charia et les obligations cultuelles de l'islam (pélerinage). Leur propre livre saint (le Kità¢b al-madjmà»') s'ajoute au Coran.
L'année liturgique alaouite comporte des fêtes sunnites, chiites et chrétiennes :
L'occultation
Rite spécifique
Fêtes spécifiques
Dénominations
Chiisme duodécimain, ou imamisme
Chiisme septimain ou ismaélien
Le chiisme septimain s'est lui-même divisé en deux factions : d'une part les Qarmates, qui considéraient Muhammad ben-Ismà¢'îl comme le Mahdi, de l'autre les Fatimides (ou descendants de Fatima), qui régnèrent en Égypte avec une succession de 14 califes-imams. Les Fatimides ont connu plusieurs dissidences, qui ont notamment donné naissance à deux courants encore aujourd'hui représentés :Les Druzes
Les Nizarites
Les Zaydites
Les Alaouites
Les deux derniers sont les deux hypostases du premier.Fêtes alaouites
Diffusion du chiisme
Cet article intègre un grand nombre d'éléments copyleft du site de Ralph Stehly, du GERI (faculté d'études islamique, Université Marc Bolch, Strasbourg (France) Voir aussi