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Guerre du Viêt Nam

        

La guerre du Viêt Nam fut un conflit entre 1964 et 1975 dans le Viêt Nam du Sud et sur les zones frontalières du Cambodge et du Laos, et des bombardements (Rolling Thunder) sur le Viêt Nam du Nord.

Combattaient d'un cà´té une coalition de forces incluant les États-Unis, la République du Viêt Nam (Sud-Viêt Nam), l'Australie, et la Corée du Sud, et de l'autre cà´té la République démocratique du Viêt Nam, le Front de libération nationale (FLN, Viêt-cong, ex-Viêt-minh), et la guérilla communiste sud-vietnamienne. L'URSS et la Chine ont fourni une aide matérielle au Nord Viêt Nam et au FLN, mais n'étaient pas engagés militairement.

Cette guerre * était une partie du conflit régional engageant les pays voisins du Cambodge et du Laos, connue comme la Seconde Guerre d'Indochine.

Au Viêt Nam, cette guerre est appelée la guerre d'Amérique (Vietnamese ChiêÌn Tranh Chà´Ìng Mỹ CưÌu NươÌc, littéralement guerre contre les Américains et pour sauver la nation).

Enfin, cette guerre s'inscrit dans le contexte de la guerre froide, conflit larvé entre les puissances dites capitalistes et le bloc communiste.

Sommaire
1 Origine du conflit, l'après-guerre d'Indochine
2 L'engagement américain contre la guérilla du Viêt cong
3 L'offensive du Têt et la désillusion de la population américaine
4 Le Viêt Nam au centre des élections américaines
5 Nixon et son plan de désengagement progressif
6 Les massacres de My Lai dans un pays dévasté
7 Soutien U.S. des Khmers rouges au Cambodge
8 Le retrait US et la réunification du Viêt Nam

Origine du conflit, l'après-guerre d'Indochine

La guerre du Viêt Nam était la succession directe de la guerre d'Indochine, (the First Indochina War en anglais), dans laquelle la France s'est battue pour maintenir le contrà´le sur sa colonie indochinoise contre le mouvement d'indépendance mené par le leader communiste Hà´ Chi Minh (Oncle Hà´).

Après que les forces communistes, ou Viêt-minh, eurent vaincu l'armée française à  la bataille de àiện Biên Phá»§ en 1954, la colonie acquit son indépendance.

D'après les accords de Genève, le Viêt Nam a été divisé, temporairement, en une entité communiste au nord (avec pour capitale Hanoi) et une non communiste (que certains espéraient démocratique) au sud (capitale : Saigon). Le pays devait être réunifié après des élections prévues en 1956. Malheureusement ces élections n'ont jamais eu lieu.

Le gouvernement de la République du Viêt Nam du président Ngà´ àà¬nh Diệm, avec le soutien du président américain Eisenhower, annula ces élections car il craignait que Hà´ Chi Minh les gagne. Il était considéré comme un héros par beaucoup de Vietnamiens pour son rà´le dans la guerre d'indépendance. De plus, les communistes ne voulaient pas tenir des élections libres dans le Nord.

L'engagement américain contre la guérilla du Viêt cong

En réponse au refus d'organiser des élections de réunification, le Front de Libération Nationale (FLN ou Viêt-cong) est créé comme mouvement de guérilla en opposition avec le gouvernement du Sud Viêt Nam.

L'implication des États-Unis dans la guerre est progressive. Il n'y aura pas de déclaration de guerre formelle, mais en 1964, le Congrès des États-Unis approuve la résolution du golfe du Tonkin (7 aoà»t 1964) (du nom du lieu o๠eurent lieu les « incidents Â» les 2 et 3 aoà»t 1964), qui apporte un large soutien au Président Johnson pour une implication américaine accrue. En 1968, plus de 500 000 soldats stationnent sur place et le tribut des soldats américains tués, tel que rapporté chaque jeudi aux informations du soir, est de plus de 100 morts par semaine.

L'offensive du Têt et la désillusion de la population américaine

La foi du public américain en la « lumière au bout du tunnel Â» est balayée en 1968, quand l'ennemi, supposé être sur le point de s'effondrer, organise l'Offensive du Têt. Une offensive qui, du point de vue militaire fut une quasi-défaite (sur 105 villes visées par l'ANV (Armée du Nord Viêt Nam) et les Viêt-congs aucune ne fut prise complètement), au point de vue politique fut une victoire.

Il y avait déjà  un faible mouvement d'opposition à  la guerre dans certaines parties des États-Unis, dès 1964, spécialement sur certains campus universitaires. Ceci se déroule durant une période jusqu'alors inconnue d'activisme estudiantin de gauche, et par l'arrivée, en nombre significatif, des baby boomers en à¢ge d'entrer à  l'université. La Seconde Guerre mondiale s'était terminée en 1945, et la Guerre de Corée en 1953; ainsi la plupart d'entre eux, sinon tous les baby boomers, n'ont jamais été exposés à  la guerre. De plus, la guerre du Viêt Nam reçoit une couverture médiatique d'une intensité sans précédent - elle fut appelée la première guerre télévisée - ainsi qu'une opposition aussi bruyante de la part de la Nouvelle Gauche.

Certains Américains s'opposent à  la guerre sur des bases morales, la voyant comme une guerre destructrice attentant à  l'indépendance du Viêt Nam, ou comme une intervention dans une guerre civile étrangère ; d'autres s'y opposent car on manque d'objectifs clairs, et qu'elle apparaît alors comme vouée à  l'échec. Certains des activistes sont eux-mêmes des vétérans du Viêt Nam, comme en témoigne l'organisation des Vétérans du Viêt Nam contre la Guerre.

Le Viêt Nam au centre des élections américaines

En 1968, le président Lyndon Johnson débute sa campagne de réélection. Un membre de son propre parti;, Eugene McCarthy, se présente contre lui pour l'investiture sur une plate-forme anti-guerre. McCarthy perd les premières élections primaires dans le New Hampshire, mais il provoque la surprise en réalisant un score élevé contre le sortant. Le coup porté à  la campagne de Johnson, combiné à  d'autres facteurs, le mène à  annoncer qu'il retire sa candidature, lors d'un discours télévisé surprise. Il y annonce conjointement le démarrage des pourparlers de Paix de Paris avec le Viêt Nam.

Se saisissant de l'opportunité causée par l'abandon de Johnson, Robert Kennedy brigue alors l'investiture sur une plate-forme anti-guerre. Le vice-président de Johnson, Hubert Humphrey, se porte également candidat, promettant de continuer d'aider le gouvernement du Sud Viêt Nam.

Robert Kennedy est assassiné durant cet été, et McCarthy est incapable de contrer le support dont Humphrey jouit dans l'élite du parti. Humphrey gagne l'investiture de son parti, et se présente contre Richard Nixon dans les élections générales. Pendant sa campagne, Nixon dit avoir un plan secret pour terminer la guerre.

Nixon et son plan de désengagement progressif

exécute un officier Viêt-cong]]
Nixon est élu président et démarre sa politique de lent désengagement de la guerre. Le but est d'aider progressivement le Sud à  construire sa propre armée en sorte qu'il puisse poursuivre la guerre par lui-même. Cette politique devient la clé de voà»te de la « doctrine Nixon Â».

Appliquée au Viêt Nam, la doctrine devient la « vietnamisation Â». Le but de la vietnamisation est de permettre à  l'armée du Sud Viêt Nam de tenir de mieux en mieux contre le FLN et l'armée du Nord Viêt Nam, et surtout de ne plus faire subir autant de pertes à  l'armée américaine.

Les massacres de My Lai dans un pays dévasté

La probité de la conduite des États-Unis durant la guerre continue à  alimenter les discussions durant la présidence Nixon. En 1969, il apparaît que le lieutenant William Calley, chef de section au Viêt Nam, a conduit un massacre de civils vietnamiens (y compris de petits enfants) à  My Lai un an auparavant. Le massacre ne fut stoppé que lorsque deux soldats américains en hélicoptère remarquèrent le carnage et intervinrent pour empêcher leurs compatriotes d'assassiner plus de civils. Bien qu'il soit incarcéré pour le massacre de My Lai, Calley ne reçoit qu'une sentence légère à  son procès en cour martiale en 1970 et est ensuite gracié par le président Nixon.

En plus de ce massacre, des millions de Vietnamiens sont morts des conséquences de la guerre du Viêt Nam. Il est toujours très difficile d'estimer le nombre de tués dans tout conflit. Les registres officiels sont difficilement consultables, quand ils existent, et nombreux parmi les tués furent littéralement déchiquetés par les bombardements. Il est ainsi très difficile de s'accorder exactement sur ce qui doit compter comme « victime de guerre du Viêt Nam Â» ; des gens sont encore aujourd'hui tués par des munitions non explosées et des mines, particulièrement les bombes à  fragmentation. Les effets sur l'environnement des agents chimiques (tels que l'agent orange qui est un défoliant très utilisé par les Américains), ainsi que les problèmes sociaux colossaux causés par la dévastation du pays après tant de morts ont certainement réduit la durée de vie de beaucoup de survivants.

Les estimations de pertes les plus basses, basées sur les déclarations (à  présent reprises) du Nord Viêt Nam étaient autour de 1,5 millions de Vietnamiens tués. Le Viêt Nam a annoncé le 3 avril 1995 qu'un total d'un million de combattants vietnamiens et quatre millions de civils avaient été tués durant la guerre. La validité de ces chiffres n'a généralement pas été contestée. On estime par ailleurs à  environ 58 000 le nombre de soldats américains tués.

Soutien U.S. des Khmers rouges au Cambodge

Les pertes infligées par les Khmers rouges, soutenus dans un premier temps par les États-Unis, sont encore plus élevées. Le soutient américain à  ce mouvement maoà¯ste s'explique par son caractère anti-soviétique, mais celui-ci était en réalité la conséquence d'un soutien en profondeur par la Chine, alors en conflit politique avec l'URSS.
En 1970, Nixon ordonne une incursion militaire au Cambodge afin de détruire les refuges Viêt-cong bordant le Sud Viêt Nam. Beaucoup pensent que les Khmers Rouges ne se seraient probablement pas emparés du pouvoir, tuant tellement (de 900 000 à  2 millions) de leur population sans la déstabilisation causée par la guerre. En particulier à  cause des campagnes de bombardements américaines dites de « nettoyage des sanctuaires Â» au Cambodge.

Le retrait US et la réunification du Viêt Nam

Bien que Nixon ait promis au Sud Viêt Nam qu'il lui apporterait un support militaire dans l'éventualité d'un effondrement de la situation militaire, le Congrès des États-Unis vote contre tout support financier à  des actions militaires dans cette région. Nixon se bat alors aussi pour sa propre carrière politique dans le scandale du Watergate grandissant. Ainsi aucun des soutiens militaires promis pour la défense du gouvernement du Sud Viêt Nam n'est envoyé, bien que l'aide économique continue. Elle est cependant presque totalement aspirée par la corruption dans le gouvernement sud-vietnamien et peu vient effectivement alimenter l'effort de guerre. Le 94e Congrès des États-Unis vote pour que toute aide soit supprimée pour le début de l'année fiscale 1975-76 (1er juillet 1975).

Le 27 janvier 1973, les accords de paix de Paris entérinent officiellement le retrait des forces américaines et marquent ainsi la fin du conflit pour les Américains. Les États-Unis retirent unilatéralement leurs forces du Viêt Nam en 1973, repli terminé le 29 mars.

Début 1975, le Nord envahit le Sud et consolide rapidement le pays sous son contrà´le. Saigon est prise le 30 avril 1975. Le Nord Viêt Nam unifie le Nord et le Sud du pays le 2 juillet 1976 pour créer la République socialiste du Viêt Nam. Saigon est renommée Hà´ Chi Minh Ville en l'honneur du président précédent du Nord Viêt Nam.

Voir aussi: Napalm

Liens externes

  The Vietnam war
  Vietnam Veterans



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