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Hiéroglyphe

         

Un hiéroglyphe est un caractère du système d'écriture de l'Égypte antique servant à  noter la langue égyptienne.

Sommaire
1 Definition
2 Système
3 Annexes

Definition

Le mot hiéroglyphe est formé à  partir du mot grec ἱερογλύφος hieroglàºphos, composé à  partir des racines grecques ἱερός hierà³s (« sacré ») et γλύφειν glàºphein (« graver »). Les Grecs nommèrent ansi l'écriture égyptienne qu'ils rencontrèrent gravée sur les parois des monuments (stèles, temples et tombeaux). Le mot ἱερογλύφος désignait en grec « celui qui trace des hiéroglyphes » et non les hiéroglyphes eux-mêmes, qui se disaient τὰ ἱερογλυφικά (γράμματα) tà  hierogluphikà¡ (grà¡mmata), c'est-à -dire « les (lettres) hiéroglyphiques ». Hiéroglyphe provient du reste de l'adjectif hiéroglyphique. Ces mots nous ont été transmis par le latin.

Les Égyptiens de l'Antiquité, eux, nommaient leur écriture Medounetjer (« les paroles divines ») soit, en transcription scientifique mdw nṯr : R8-S43-Z3

Par extension, on qualifie souvent de hiéroglyphique une écriture utilisant le principe logographique propre à  celle des Égyptiens. Ainsi, on parle de hittite hiéroglyphique. Il est cependant incorrect de dire des caractères chinois qu'ils sont des hiéroglyphes.

Système

Champollion, que beaucoup considèrent comme le père de l'égyptologie et le déchiffreur des hiéroglyphes, donne une très bonne définition du système hiéroglyphique:

« C'est un système complexe, une écriture tout à  la fois figurative, symbolique et phonétique, dans un même texte, une même phrase, je dirais presque dans un même mot. Â», Champollion, Lettre à  M. Dacier, 27 septembre 1822.

En effet, un même caractère peut selon le contexte avoir un sens : On fait remonter l'apparition des hiéroglyphes vers 3500 av. J.-C. D'abord exclusivement figurative, l'écriture hiéroglyphique s'enrichit avec le temps. Alors qu'il existe environ 700 hiéroglyphes à  l'époque archaà¯que, on n'en dénombre pas moins de 5000 à  l'époque la plus tardive (époque gréco-romaine). Seule une partie de ces hiéroglyphes servait pour le système phonétique (chiffre approximatif) : On compte aussi une centaine de déterminatifs qui servaient à  donner (ou renforcer) la signification d'un mot.

Quelles que soient leurs fonctions, les hiéroglyphes avaient tous une représentation figurative. C'est-à -dire qu'ils représentent quelque chose de tangible, qui était le plus souvent facilement reconnaissable, même pour quelqu'un qui en ignore le sens d'utilisation. Les égyptiens de l'antiquité puisèrent les dessins des hiéroglyphes dans leur environnement : objets du quotidien, animaux, plantes, parties du corps...
Mais, les détails nécessaires à  la différenciation de tel ou tel hiéroglyphe (par exemple reconnaître deux oiseaux différents) étaient tellement importants qu'ils limitèrent leur utilisation aux domaines o๠l'esthétique avait une grande importance (fresques, textes officiels).
Une version simplifiée des hiéroglyphes vit rapidement le jour, ce sont les hiéroglyphes linéaires. Ils conservent leurs aspects représentatifs, mais réduisent le nombre de traits au minimum pour pouvoir être écrits plus rapidement et plus facilement sur des surfaces autres que la pierre.
Pour rédiger les nombreux rapports nécessaires à  la vie économique de l'Égypte Antique, les scribes eurent recours à  une version cursive des hiéroglyphes encore plus simplifiée, qui leur fit perdre du coup leur aspect figuratif. C'est le hiératique.

Les hiéroglyphes phonétiques ne notaient pas les voyelles (sauf parfois en début et en fin de mot). Et comme la langue qu'ils transcrivaient a disparu, il est maintenant très difficile d'imaginer la prononciation exacte des mots égyptiens, pourtant indispensable pour les transcrire en alphabet latin. C'est pourquoi, pour une même série de hiéroglyphes (un mot ou un nom) on trouve plusieurs transcriptions possibles, et donc autant d'orthographes.
Grà¢ce aux récits des voyageurs grecs de l'antiquité et au copte (langue fondée sur l'ancien égyptien), on peut approcher la prononciation de certains mots, mais sans certitudes.

L'écriture hiéroglyphique n'a pas de sens d'écriture obligatoire. On peut très bien l'écrire de droite à  gauche, de gauche à  droite ou de haut en bas, mais pas de bas en haut. Parfois, pour des raisons esthétiques, une partie d'un texte se lira de gauche à  droite et l'autre de droite à  gauche. Pour connaître le sens de lecture, il suffit de regarder la tête des animaux qui vont à  la rencontre du lecteur : si les animaux tournent la tête à  droite, alors nous devons lire le texte de droite à  gauche.

L'écriture hiéroglyphique fut utilisée pendant plus de 2500 ans, jusqu'à  l'époque Saà¯te o๠le démotique prit le dessus. Mais c'est à  l'époque Ptolémaà¯que que, peu à  peu, le grec remplaça définitivement hiéroglyphe et démotique.

Le dernier nom de pharaon écrit en hiéroglyphes se trouve dans le temple d'Esna et date de 249 ap. J.-C.

Premier exemple

Dans l'image ci-contre, on peut voir deux hiéroglyphes.

On a affaire ici au mot sa-Rê, qui signifie "fils de Rê".
Le nom Ramsès (noms de plusieurs pharaons du Nouvel empire) signifie également le "fils de Rê", mais, dans cette exemple, les hiéroglyphes n'étant pas entourés d'un cartouche, il ne s'agit donc pas d'un nom propre.
Il s'agit en fait des deux hiéroglyphes qui précèdent l'un des noms entrant dans la titulature des pharaons, le nom de Sa-Rê.

Second exemple

<-p:t-wA-l:M-i-i-s->

Les lettres dans le cartouche ci-dessus sont:

P
T
O L
M
I I S

Il s'agis du nom d'un pharaon de la lignée des Ptolémys en français, les Ptolémées.

En savoir plus:

Annexes

Articles connexes

Liens externes

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