Mai 1968
En France, le mois de mai 1968 a vu se dérouler de violentes manifestations d'étudiants, ainsi qu'une grève générale qui paralysa le pays. Pour fixer le contexte, il existait au même moment des mouvements similaires en Allemagne SDS, aux États-Unis (actions contre la guerre du Vietnam), en Tchécoslovaquie (Printemps de Prague).
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2 Événements de mai 3 Épilogue 4 Quelques slogans 5 Films |
Origine
En novembre 1967, un mouvement étudiant (dont fait partie le jeune Philippe Meyer) demande une amélioration des conditions de vie des étudiants. Ce mouvement rencontre peu d'écho.
En 1968, le "mouvement du 22 mars", se fait connaître ce jour-là en occupant les locaux de l'université de Nanterre. L'une de ses principales revendications est le droit d'accès pour les garçons aux résidences universitaires des filles. La figure de proue de ce mouvement se nomme Daniel Cohn-Bendit.
Le 3 mai, la Sorbonne, occupée par des manifestants et risquant une éventuelle attaque des mouvements étudiants d'extrême droite (Occident...), est évacuée par une intervention policière musclée : plusieurs centaines d'étudiants sont arrêtés, dont Jacques Sauvageot, le dirigeant du principal syndicat étudiant.
Les étudiants réagissent aussità´t par des manifestations violentes contre les forces de l'ordre : jets de pavés, puis barricades.
Ces manifestations reprendront ensuite à l'annonce de peines de prison pour les manifestants, pendant lesquelles vont commencer à fleurir les slogans libertaires.
Le président du SNE-Sup (syndicat des enseignants du supérieurs), Alain Geismar, décide de les soutenir.
Les membres des mouvements politiques d'extrême gauche sont d'abord pris de court (la révolution est censée venir des ouvriers, et non des étudiants); de plus, les revendications du mouvement du 22 mars leur paraissent puériles et petit-bourgeoises). Après un moment de flottement, ils vont toutefois essayer de gagner les ouvriers à cette "révolte". La CGT, pour sa part, ne les suit pas, et son secrétaire général de l'époque, Georges Séguy s'en explique devant les médias.
La grève s'étend rapidement dans le courant du mois : c'est la première grève générale sauvage de l'Histoire. C'est aussi la première fois qu'une grève générale paralyse un pays parvenu au stade de la société de consommation.
Le Parti communiste dénonce les manifestations étudiantes, o๠il voit une manipulation de l'extrême-gauche. Durant les affrontements du Quartier Latin, un manifestant est tué d'un coup de couteau.
Le chef de l'état, le Général de Gaulle, en voyage officiel en Roumanie au début de événements, commence par ne pas accorder beaucoup d'attention à ces manifestations. Il laisse s'en charger son premier ministre Georges Pompidou, qui a pour sa part interrompu un autre voyage officiel à l'étranger pour faire face à la situation (il a fait entre autres exigé que les forces de police quittent la Sorbonne, pour essayer de calmer le jeu). De Gaulle reste à l'écart en se réservant d'intervenir si besoin.
Mais au plus fort de la contestation, De Gaulle disparaît pendant plusieurs heures, à la surprise générale. En fait, il est allé consulter le général Massu en Allemagne, dans l'hélicoptère qui devait le conduire pour le week-end à sa résidence de Colombey.
Le premier ministre Georges Pompidou propose de dissoudre l'Assemblée Nationale, pour organiser de nouvelles élections législatives. De Gaulle se range à cet avis, et l'annonce par la radio dans un discours bref qui va brusquement changer la donne (voir Charles de Gaulle pour quelques extraits).
Événements de mai
Une augmentation du SMIC (qui venait de remplacer le SMIG à 600 F par mois est conclue lors des accords de Grenelle, suite à des négociations menées en particulier par le jeune haut fonctionnaire Jacques Chirac), et la reprise du travail s'effectue progressivement au début du mois de juin. La police et la gendarmerie évacuent au fur et à mesure les différents lieux occupés. Un policier (écrasé par un camion fou) et deux ouvriers meurent durant les affrontements du début du mois de juin.
Les élections législatives de juin 1968 voient la large victoire des gaullistes.
Épilogue
Quelques slogans
Un slogan mérite une place spéciale : "Il est interdit d'interdire", au départ simple boutade lancée par le fantaisiste Jean Yanne, et qui sera ensuite reprise au premier degré, ce dont il se montrera surpris... et amusé.Films
Voir aussi : Internationale Situationniste, Luxembourgisme, anarchisme, Maoisme, Trotskysme, Extrême gauche, Mouvements révolutionnaires, Daniel Cohn-Bendit