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Pieds-Noirs

Sommaire
1 Définition
2 Un terme d'origine inconnue
3 Qui sont les Pieds-Noirs ?
4 Quelques Pieds-Noirs célèbres
5 Bibliographie
6 Autres sens de pied noir
7 Voir aussi

Définition

Selon le Petit Robert, le terme pied-noir, utilisé comme substantif ou adjectif, désigne familièrement les Français d'Algérie, rapatriés en France à  partir de 1962.

Dans l'usage courant, « Pied-Noir Â» est un quasi synonyme de « rapatrié Â». Toutefois, ces deux termes ne recouvrent pas la même réalité.

Rapatrié fait référence à  un statut administratif qui a concerné, à  partir de 1962 essentiellement les Français repliés d'Algérie au moment de l'indépendance, puis qui a été étendu à  d'autres populations venant du Maroc et de Tunisie, voire d'autres anciennes colonies françaises. Parmi les rapatriés d'Algérie, qui étaient tous de nationalité française, on englobe les musulmans, plus souvent désignés par le terme de Harkis, c'est-à -dire ceux des militaires, anciens supplétifs de l'armée française, et leurs familles qui ont pu trouver refuge en France, et les non musulmans, soit d'origine européenne, soit indigènes de religion israélite. Le terme de Pieds-Noirs s'applique plus précisément à  ces deux dernières catégories, ainsi qu'aux rapatriés originaires des autres pays du Maghreb, mais certains l'étendent aussi parfois aux Harkis.

Un terme d'origine inconnue

L'apparition de ce terme pour désigner les Français d'Algérie est datée, selon Paul Robert, qui était lui-même pied-noir, de 1955. Les premières attestations certaines de ce terme, dans cette acception, seraient les suivantes : L'origine de ce terme est assez controversée. Des explications plus fantaisistes les unes que les autres ont été avancées : allusion aux souliers vernis des premiers immigrants ou aux brodequins noirs des soldats de l'armée d'Afrique, aux jambes des colons, noircies en défrichant les marécages, etc. Certains évoquent même les Indiens Pieds-Noirs (Black-Feet) d'Amérique, présents dans les contingents américains qui débarquèrent en Afrique du Nord en 1942. Hum... Les premières attestations (1901) du terme désignent des Arabes, chauffeurs sur les bateaux à  vapeur traversant la Méditerranée. Plus précisémment un article « Vous avez dit Pieds-noirs », paru sur le magazine Pieds Noirs d'Hier et d'Aujourd'hui de janvier 1999, explicite l'origine de ce sobriquet utilisé dans le jargon de la marine, mécanisée dès la fin du XIXe siècle. Les marins d'Algérie habitués aux températures torrides étaient affectés aux machines à  charbon, comme les « gueules noires » des mines, tandis que les marins métropolitains, armés de l'écouvillon pour graisser les canons, se voyaient baptiser bouchons gras puis à  terre : les patos" de l'espagnol canard, à  cause de leur démarche chaloupée acquise sur le pont par suite du roulis. Une photographie de 1917, portant cette mention, y est insérée. Désignant les Français d'Algérie, cette appellation avait, dès 1958, une nette connotation péjorative, notamment sous la plume de François Mauriac. Par la suite les intéressés eux-mêmes s'en sont saisi pour en faire l'étendard de leur identité, comme en témoignent les noms de nombreuses associations.

Qui sont les Pieds-Noirs ?

Les Pieds-Noirs d'Algérie représentaient au moment de l'indépendance une population d'environ un million de personnes, qui s'est massivement réfugiée en France en quelques années, à  part une petite minorité qui est allée en Espagne, principalement dans la région d'Alicante. Quelques uns sont partis pour des pays plus lointains comme le Canada ou l'Argentine. Parmi les juifs, certains sont partis en Israà«l. En comptant les rapatriés des autres pays du Maghreb, on arrive à  un total d'environ 1,5 million de personnes, soit environ 3 % de la population française.

La communauté d'origine européenne résultait de la fusion, plutà´t réussie, de populations d'origines variées mais à  forte dominante méditerranéenne, Français, Espagnols, Italiens, Maltais, mais aussi Allemands et Suisses. La communauté juive est une population indigène d'Algérie, qui était présente sur ce territoire depuis plus de 2000 ans. Cette intégration des Pieds-Noirs, qui n'était pas évidente au début de la colonisation tant les tensions raciales étaient fortes entre les Français et les étrangers européens d'une part, entre les Européens et les juifs d'autre part, a probablement été favorisée par deux facteurs :

Par contre aucune fusion ne s'est produite avec les musulmans. Cela résulte sans doute de l'état de domination dans lequel ces derniers se trouvaient réduits, mais aussi de la barrière de la religion dans une population islamisée de longue date. Le chrétien comme le juif, ne pouvait avoir dans leur conception ancestrale, que le statut de dhimmi, « protégé Â» certes, mais de statut inférieur, comme c'était le cas pour les juifs avant 1830. Rappelons qu'à  cette période, il n'y avait pas de population chrétienne dans la Régence turque d'Alger, sauf quelques diplomates et commerçants et les derniers captifs, victimes de la piraterie maritime. Leur situation s'est trouvé en quelque sorte inversée, car dès le début de la colonisation, les indigènes musulmans ont conservé leur statut personnel coranique, incompatible avec le Code civil, mais cela leur enlevait l'accès à  la citoyenneté française et notamment au droit de vote. Cela répondait à  l'engagement de la France, pris lors de la capitulation du Dey en 1830 de respecter la religion et cela assurait la domination politique de la France sur la colonie. Les intéressés pouvaient cependant accéder individuellement à  la citoyenneté française à  condition de renoncer à  leur statut personnel. Très peu ont fait cette démarche.

En France, l'intégration, et on peut dire l'assimilation totale, des Pieds-Noirs a été complète en quelques années, malgré les préventions qu'affichaient certains hommes politiques (comme le maire de Marseille Gaston Deferre qui déclarait en juillet 1962 : « Marseille a 150 000 habitants de trop. Que les pieds-noirs aillent se réadapter ailleurs. Â») à  l'égard d'une population qu'ils ne connaissaient pas vraiment, qui avait la réputation d'être constituée de colons « faisant suer le burnous Â», d'être raciste, violente et machiste, et dont la structure socioprofessionnelle ne devait pas faciliter l'intégration dans une économie moderne. Ces sombres prévisions ont été démenties par les faits. En réalité, cette population était urbaine à  85 %, composée de petits fonctionnaires, artisans et commerçants, dont le revenu moyen était inférieur de 15 % à  celui des Français métropolitains. Le niveau d'instruction dépassait rarement le certificat d'étude primaire. Les agriculteurs propriétaires étaient une petite minorité et les très grandes fortunes se comptaient sur les doigts d'une main. Pour les immigrants européens l'Algérie n'a jamais été l'Amérique !

Quelques Pieds-Noirs célèbres

Bibliographie

Autres sens de pied noir

Voir aussi