Science cognitive
Les '\sciences cognitives' étudient le fonctionnement des processus mentaux et du cerveau, et plus particulièrement les fonctions de perception, d'attention, de conscience et de mémorisation. Les sciences cognitives ne se limitent pas a priori à l'étude de la cognition humaine, mais s'étendent à tous les animaux. Elles pourraient aussi bien chercher des lois applicables à des formes de vie extra-terrestres ou non biologiques, dans la mesure o๠il s'agirait toujours de processus mentaux (intelligence artificielle).
Introduction
La psychologie expérimentale, l'éthologie, l'intelligence artificielle, etc. ont fait l'objet depuis 30 à 40 ans de deux transformations :
- elles sont réunies et confrontées dans les sciences cognitives ;
- elles sont liées à une démarche philosophique cohérente, alors que d'un point de vue épistémologique, elles sont considérées comme des formes faibles de scientificité.
- la naturalisation de l'épistémologie ;
- la naturalisation de l'esprit ;
- un nouvel innéisme ;
- un nouvel universalisme en anthropologie ;
- une manière spécifique de penser la pluralité des sciences.
La naturalisation de l'épistémologie
Notre tradition a longtemps dévalorisé les sciences des faits, en distinguant ce qui est de l'ordre du factuel et ce qui est de l'ordre du normatif. Par exemple, pour Gottlob Frege (cf. Logique), il y a une distinction canonique entre les causes qui portent à émettre un jugement et les raisons qui assurent la valeur de ce jugement : "En science, l'histoire de la découverte d'une loi mathématique ou de la nature ne peut tenir lieu de raison qui la justifie."- première distinction : entre les causes psychologiques d'un certain acte mental de juger et les raisons qui en justifient le contenu. Il y a donc d'une part l'histoire des découvertes, et d'autre part la preuve de la validité de ce qui est découvert.
- seconde distinction : une distinction de valeur, les causes qui portent à émettre un jugement étant anecdotiques ou biographiques (par exemple, l'ambition). Elles sont privées et contingentes, alors que les raisons qui justifient les hypothèses valent nécessairement pour tous sujet qui l'examine rationnellement.
La naturalisation de l'esprit
La question est de savoir si dans une ontologie des êtres naturels il y a place pour ce qu'on appelle le mental. Dans les états mentaux, un contenu se rapporte à quelque chose : cette attitude propositionnelle est un état psychologique dont on rapporte le contenu au moyen d'une subordonnée ( croire, désirer, regretter, etc.) selon les diverses attitudes par rapport à un même contenu intentionnel.
Mais comment peut-on penser cet intentionnalité par rapport à l'ensemble des faits physiques ? Il y a au moins trois possibilités :
- le langage externe (néo-cartésien) ;
- heuristique ;
- étudier les propriétés sémantiques dans le monde : Comment un sens peut-il avoir un rà´le causal ?
Un nouvel innéisme
L'innéisme a plusieurs sens selon ce que l'on considère comme étant inné :- des concepts
- des croyances
- des capacités.
- une version forte (connaissances innées)
- une version faible (dispositions innées)
- Question des universaux : les capacités innées sont-elles générales ou spécifiques ?
- Connaissance tacite, compétence :
- question psychologique de l'acquisition
- question épistémologique de la justification de nos connaissances
- en quoi consiste la structure de l'esprit ?
La pluralité des sciences
Leurs applications sont très nombreuses: elles ont donné des modèles de perception du risque, donné naissance à une nouvelle théorie de la philosophie des mathématiques et beaucoup d'autres, dans le domaine de l'intelligence artificielle notamment.
Comme le pluriel l'indique, leur champ d'action est interdisciplinaire, et ses relations avec les autres champs sont sujet à débat. Ainsi, les sciences cognitives sont constituées par la psychologie, la linguistique, l'intelligence artificielle, la philosophie, etc. Elles peuvent être considérées une branche de la philosophie des sciences dans le sens o๠les scientifiques travaillent de plus en plus en communauté, formant un réseau cognitif.
Enfin, les sciences cognitives sont souvent considérées comme interdépendantes des sciences physiques et utilisent des méthodes scientifiques, la simulation et modélisation, et en comparent les résultats avec les activités d'être vivants (humains, chimpanzés, souris).
Communication | Épistémologie | Éthologie | Intelligence artificielle | Langage | Logique | Neurobiologie | Psychologie cognitive
Philosophie
Psychologie
Linguistique
Applications
Disciplines
Auteurs
Noam Chomsky | Daniel Dennett | Gerald Edelman | Leon Festinger | Douglas Hofstadter | Daniel Kahneman | George Lakoff | George Miller | Marvin Minsky | Seymour Papert | John Searle | Herbert Simon | Terry Winograd
Théorie de la connaissance
Concept | Conscience | Croyance | Dialectique | Empirisme | Épistémologie | Espace | Imagination | Jugement | Langage | Logique | Mémoire | Métaphysique | Pensée | Phénoménologie | Philosophie du langage | Raison | Rationalisme | Réalité | Science | Sciences cognitives | Temps | Vérité