Syllabe castillane
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Cette analyse de la syllabe castillane permet d'illustrer les questions de contraintes syllabiques appliquées à une langue précise, ici le castillan.
| Sommaire |
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2 Consonnes 3 Noyau vocalique 4 Articles connexes |
Structure de la syllabe
La structure syllabique espagnole ne correspond pas à celle du français :
| Syllabe castillane | Syllabe française | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Attaque | Rime | Attaque | Rime | |||
| Noyau | Coda | Noyau | Coda | |||
| à˜ ou C(R) | V | à˜ ou C(s) | à˜ ou (CC)C | V | à˜ ou C(CCC) | |
Légende : /à˜/ = rien ; /C/ = tout type de consonnes ; /R/ = tout type de liquides ; /V/ = tout type de voyelles ; /s/ = la consonne /s/ ; les éléments entre parenthèses sont optionnels.
La syllabe castillane offre moins de possibilités consonantiques pour l'attaque et la coda, mais possède des diphtongues et des triphtongues, au contraire du français, ce qui implique un découpage syllabique radicalement différent. à€ titre indicatif, la syllabique théorique maximale en français vaut /CCCVCCCC/, sans que l'attaque et la coda la plus lourde ne puissent être réunies : strict /CCCVCC/, dextre /CVCCCC/.
Consonnes
Attaque /C(R)/
à€ moins d'être nulle, l'attaque syllabique ne peut être qu'une seule consonne ou une consonne suivie d'une liquide, /l/ ou /r/ ; les groupes autorisés sont les suivants :
| /pr, pl/ | /br, bl/ | /tr, à˜/ | /dr, dl/ | /kr, kl/ | /gr, gl/ |
- Exemples : transcrito /trans.'kri.to/ « transcrit », gran /gran/ « grand », etc.
- Fricative labio-dentale + liquide
- Exemples : franqueza /fran.'ke.θa/ « franchise », flor /flor/ « fleur », etc.
L'impossibilité d'avoir en castillan une attaque autre que /C/ ou /CR/ — et encore toutes les possibilités ne sont pas réalisées dans ce dernier cas de figure — explique que des mots comme Tlà¶n ou stop soient impossibles. Ils seraient remplacés respectivement par Telà¶n (anaptyxe) et estop (prosthèse). Le découpage syllabique doit en tenir compte : Atlà¡ntico vaut /at.'lan.ti.ko/ et non */a.'tlan.ti.co/ « Atlantique ».
Enfin, les deux autres géminées, à savoir cc et nn, notent chacune deux consonnes : /kθ/ dans le premier cas, /nn/ dans le second (et non /nË/, qui n'existe pas dans la langue). Il convient donc d'appliquer les règles générales pour savoir comment couper : accidente /ak.θi.'den.te/ « accident », perenne /pe.'ren.ne/ « pérenne », etc.
Évidemment, le digramme ch ne compte que pour une seule consonne, soit /Ä/ : chupar /Äu.'par/ « sucer », et la lettre double x pour deux consonnes, /ks/, à l'intervocalique, comme dans éxito /'ek.si.to/ « réussite », mais une seule, /s/, devant une autre consonne : explicar /es.pli.'kar/ « expliquer ».Coda /C(C)/
à€ moins d'être nulle, elle peut être représentée par une seule consonne, ou une sonante /n/ ou /r/ suivie d'un /s/, soient /ns/ ou /rs/.
Problèmes de graphie
Le castillan utilise à l'écrit quatre consonnes géminées dont il convient d'analyser le poids. Deux ne sont que des digrammes ne représentant qu'une seule consonne chacun : rr (écrit r en début de mot) valant /rË/ réalisé [r] (vibrante roulée apico-alvéolaire ; le /r/ simple est une battue, [ɾ] : les deux phonèmes s'opposant par le nombre de battements, c'est phonologiquement une opposition de quantité) et ll valant /ÊŽ/. Ainsi, un découpage syllabique ne doit pas considérer ces deux digrammes comme des suites de consonnes, mais comme des consonnes simples : perro /'pe.rËo/ « chien », calle /'ca.ÊŽe/ « rue », raro /'rËa.ro/ « étrange ».