Thomas Klestil
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| Début du mandat | 8 juillet 1992 | ||
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| Prédécesseur | Kurt Waldheim | ||
| Successeur | Heinz Fischer | ||
| Date de naissance | 4 novembre 1932 | ||
| Lieu de naissance | Vienne | ||
| Date de décès | 6 juillet 2004 | ||
| Lieu de décès | Vienne | ||
| Parti politique | à–VP (parti du peuple autrichien) | ||
Né dans une famille ouvrière – son père travaillait pour le tramway, Klestil était étudiant à LandstraàŸe o๠il s’est lié d'amitié avec Joe Zawinul, le musicien célèbre. Il étudia les sciences économiques à Vienne et il obtint son doctorat en 1957. Après être devenu fonctionnaire, il travailla en Autriche et à l’étranger, notamment pour l’OCDE. Il entama alors une carrière diplomatique, profitant de sa parfaite maîtrise de l'anglais. Consul général à Los Angeles, il devint ensuite, de 1978 à 1982 l'ambassadeur d'Autriche à l’ONU et, plus tard, l’ambassadeur aux États-Unis (1982-1987) o๠il réussit à nouer d'excellents rapports avec le gouvernement de Ronald Reagan. De 1987 à son élection comme président, il fut secrétaire général du ministère des affaires étrangères.
Après avoir été choisi par le parti du peuple autrichien (PPA, chrétiens conservateurs) pour la présidence, à la surprise de tout le monde, il est élu comme président et succède à Kurt Waldheim le 8 juillet 1992. Il se lance alors dans une présidence "active" comme il l'avait promis pendant la campagne électorale qui s'était déroulé sous le slogan Le pouvoir a besoin d'un contrà´le ("Macht braucht Kontrolle").
Il voyage chez ses homologues étrangers pour faire oublier la triste "affaire Waldheim" (sur le passé du président précédent dans l'armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale). à€ partir de 1993, il réunit à son initiative les chefs d'État de toute l'Europe centrale. En novembre 1994, il est le premier président autrichien à visiter officiellement l'Israà«l. Lors d'un discours à la Knesset, Thomas Klestil est le premier chef d'état autrichien à reconnaître la pleine responsabilité de son pays pour les atrocités commises pendant la seconde Guerre mondiale.
En 1994, lors des négociations pour l'adhésion de son pays à l'Union européenne, un premier conflit sérieux avec le gouvernement de Franz Vranitzky éclate: à€ la place du chancelier, Klestil voudrait lui-même signer le traité d'adhésion et être dorénavant le représentant officiel de son pays lors des sommets de l'Union. Ces tentatives de s'arroger des pouvoirs comparables à ceux du président français sont très mal vues par le gouvernement qui réussit à faire céder le président.
La même année survient la séparation de Klestil de son épouse Edith avec qui il a trois enfants adults. Cette nouvelle est annoncée par le président lui-même dans un journal tabloà¯d, après quoi le public apprend que le chef de l'état a une maîtresse depuis des années déjà - fait inou௠en Autriche, pays marqué par une morale catholique encore intransigeante. Comme, en outre, pendant la campagne électorale, Klestil avait exalté les valeurs traditionnelles de la famille intacte, cette nouvelle lui fait perdre, et de manière durable, une bonne partie du soutien de son électorat catholique conservateur.
En 1998, Klestil est néanmoins triomphalement réélu pour un second mandat de six ans avec plus de 63 % des suffrages exprimés. Le parti socialiste ne lui avait pas opposé de candidat alors que les conservateurs camouflaient leur embarras avec le président sous un comité de soutien réunissant des personnages de différents partis.
Après sa réélection, l'antagonisme entre Klestil et son parti ne fait que s'amplifier. Lors des élections législatives d'octobre 1999, le parti chrétien-conservateur de Wolfgang Schà¼ssel subit une lourde défaite au profit du parti "libéral", mais en vérité populiste ultranationaliste FPà– de Jà¶rg Haider qui arrive en deuxième position après les socialistes. Alors, le président Klestil souhaite ouvertement que la coalition sortante des socialistes et des conservateurs soit renouvelée parce qu'il ne supporte pas l'arrivée au pouvoir de Haider dont il connaît l'image catastrophique à l'étranger et qui, de surcroît, vient d'élogier des anciens membres de la SS.
Malgré l'opposition acharnée du président - et derrière son dos -, Wolfgang Schà¼ssel rompt avec les coutumes constitutionnelles autrichiennes selon lesquelles seulement un personnage désigné par le chef de l'état forme un gouvernement. Il réussit à faire une alliance avec Haider et présente à Klestil un gouvernement disposant d'une majorité parlementaire.
Comme Klestil se rend compte de ce qu'il plongerait le pays dans une crise politique sans précédent s'il n'acceptait pas ce gouvernement ou s'il se démissionnait, il finit par se résigner aux faits.
En guise d'assurance et en signe de protestation, il biffe deux candidats libéraux de la liste des ministres, qu'il juge indignes d'un tel poste (l'un d'entre eux ayant menacé le chef de l'état de lui "casser la gueule"). En outre, il fait signer à Schà¼ssel et à Haider un préambule au programme gouvernemental comme quoi le gouvernement d'un état démocratique devait s'engager à respecter la démocratie et les droits de l'homme.
Lors de la cérémonie pendant laquelle le gouvernement prête serment, Thomas Klestil montre son opposition et son dégoà»t par un visage glacial. Plusieurs membres de parti du peuple autrichien (PPA) l'accusent par la suite d'avoir incité les sanctions des autres membres de l'Union européenne contre ce gouvernement. Ce conflit est accompagné d'une bagarre continue, émanant de motifs personnels, du président et de sa nouvelle femme, la diplomate Margot Klestil-Là¶ffler, avec la ministre des affaires étrangères, Mme Benita Ferrero Waldner.
Suite à ces événements, devant l'avalanche de diffamations de ses anciens amis politiques, et comme son état de santé ne cesse de se détériorer après une grave crise due à une infection pulmonaire, en 1996, Klestil se retire de plus en plus du public pour se concentrer davantage aux visites officielles qui se révèlent fort propices à l'économie autrichienne.
Le 5 juillet 2004, trois jours avant de quitter son poste, il est victime d'une crise cardiaque. Il est mort le 6 juillet à 22 heures 33 (heure locale) à l’Allgemeines Krankenhaus (l’hà´pital général) de Vienne.
Lors des funérailles célébrées le 10 juillet, l'affluence sans précédent de chefs d'état (dont Vladimir Poutine ainsi que tous les présidents d'Europe centrale) témoigne, un peu à la surprise du public autrichien, de la réputation de son président vilipendé dans son propre pays.