Willard Van Orman Quine
Willard Van Orman Quine (25 juin, 1908 - 25 décembre, 2000) fut l'un des plus importants philosophe et logicien américain du XXe siècle et l'un des grands représentants de la philosophie analytique.
Il est notamment l'auteur de "Les deux dogmes de l'empirisme", article célèbre qui critiquait la distinction entre analytique et synthétique et de Le Mot et la Chose (Word and Object, 1960) o๠il propose sa thèse de l'indétermination de la traduction radicale et la critique du concept de "signification".
| Sommaire |
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2 Å’uvre
2.1 Monisme méthodologique
3 Bibliographie2.2 Indétermination de la traduction et inscrutabilité de la référence 2.3 Relativité de l'ontologie 4 Liens |
Biographie
Quine étudia la logique avec le mathématicien et philosophe Alfred North Whitehead à Harvard.
Après sa thèse en logique mathématique, il fit un voyage en Europe o๠il rencontra notamment Rudolf Carnap. Il fut professeur de philosophie à Harvard de 1956 à sa mort.
Å’uvre
Quine contribua à la logique formelle, à la fondation des mathématiques mais aussi à la philosophie du langage et à l'épistémologie.
Son projet de naturalisme ou d'"épistémologie naturalisée" était que la philosophie de la connaissance et des sciences est elle-même une activité scientifique, corrigée par les autres sciences, et non pas une "philosophie première" fondée sur une métaphysique.
Ce naturalisme s'accompagne de holisme épistémologique, la thèse selon laquelle toutes nos connaissances se soutiennent mutuellement sans qu'il y ait une fondation unique (ce qu'il résumait souvent en reprenant l'image du navire d'Otto Neurath selon laquelle la science est un navire déjà en mer et qu'il faut réparer à partir des matériaux disponibles sans le reconstruire sur une terre ferme).
Quine était un "extensionaliste" pour laquelle toute la logique doit se réduire à l'extension et exclure toute référence à l'intension (compréhension).
Cela le conduisit à critiquer le "Mythe de la signification" et à refuser le clivage net entre propositions analytiques et propositions synthétiques.
Alors que l'empirisme de Rudolf Carnap avait un "dualisme" méthodologique entre les conventions logiques et mathématiques et d'autre part les faits, Quine considère qu'on ne peut pas distinguer de manière tranchée ces deux cà´tés de l'extérieur sans les présupposer.
Dans Word and Object (1960), Quine imagine un linguiste de terrain qui doit interpréter la langue complètement inconnue d'un indigène sans aucun intermédiaire (c'est le cas dit de la traduction dite radicale). Quine défend le behaviorisme en linguistique et pense que l'interprète ne peut s'appuyer que sur le comportement observable et les stimuli. La thèse d'indétermination de la traduction est qu'il est possible logiquement que deux interprètes fassent des manuels de traduction qui soient cohérents avec la totalité des phrases acceptées par le locuteur et qui pourtant soient en contradiction localement l'un avec l'autre.
Non seulement les phrases sont sujettes à une telle indétermination mais les termes qui entrent dans ces phrases sont aussi indéterminés. Si le locuteur dit gavagai à chaque fois qu'il voit ce que l'interprète appelle un lapin, aucune expérience ne permet de trancher si cela fait référence à "un lapin" ou bien à "une instance de Lapinité" ou bien à "un segment continu de la fusion de tous les lapins". Même le locuteur indigène ne peut pas mettre fin à cette "inscrutabilité" et l'indétermination de la traduction commence dès l'apprentissage de la langue maternelle.
Quine a formulé un critère d'engagement ontologique pour toute théorie, quelle que soit les formulations logiques : une théorie est engagée à poser comme "entités" dès qu'elle pose des critères d'identité et de distinction et dès que la formulation en logique du premier ordre quantifierait sur ces termes. Etre c'est être la valeur d'une variable liée et on ne doit pas admettre d'entité sans pouvoir donner un critère d'identité.
Cette thèse de holisme épistémologique fut défendue par Pierre Duhem et est appelée "Thèse de Duhem-Quine" : il n'est pas possible de réfuter une théorie par un simple fait isolé car il serait possible logiquement d'effectuer d'autres aménagements dans le système.
Les théories scientifiques sont "sous-déterminées empiriquement". Les expériences et les observations sont informatives mais ne sont pas suffisantes pour trancher entre les théories. Il faut ajouter des critères pragmatiques de simplicité, de parcimonie ontologique, de conservation des théories antérieures.
Quine commença son Å“uvre comme un "nominaliste" ("hyper-extensionaliste" au sens de Nelson Goodman) qui refusait les Ensembles mathématiques au nom de cette parcimonie de l'ontologie. Mais il fut persuadé par son naturalisme que les sciences de la nature avaient besoin de structures mathématiques. Il formula ainsi un argument dit d'"indispensabilité" contre le Nominalisme : la philosophie ne peut imposer aux sciences un critère et si les sciences ont besoin d'ensembles et ne peuvent pas les réduire, alors il faut les accepter.Monisme méthodologique
Indétermination de la traduction et inscrutabilité de la référence
Relativité de l'ontologie
Si la signification des phrases et la référence des termes sont indéterminées, cela a pour conséquence que l'ontologie de toute théorie est relative à un "manuel de traduction", à un système global de théories qui se soutiennent mutuellement.